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Christine Lavarde, le nouvel atout budget de Retailleau et de la droite sénatoriale
information fournie par AFP 07/10/2026 à 10:41

La sénatrice Les Républicains Christine Lavarde à Paris, le 1er octobre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

La sénatrice Les Républicains Christine Lavarde à Paris, le 1er octobre 2026 ( AFP / Anne-Christine POUJOULAT )

Propulsée à 41 ans au poste-clé de rapporteure générale du budget, la sénatrice Les Républicains Christine Lavarde détonne à la chambre haute, où son expertise reconnue en a fait une figure incontournable des questions financières et un "talent" pour la campagne présidentielle de Bruno Retailleau.

D'un marathon à l'autre. Ex-triathlète de très bon niveau, détentrice d'un record personnel en moins d'une heure et demie au semi-marathon, la sénatrice des Hauts-de-Seine va désormais s'atteler au marathon... budgétaire, auréolée de cette fonction de cheffe d'orchestre de l'examen du projet de loi de finances à la chambre haute.

Pour cette élue francilienne, ancienne benjamine du Sénat en 2017 à 32 ans, c'est presque une évidence, après neuf ans passés au sein de la prestigieuse commission des Finances du Sénat, où les femmes de droite ne couraient pas les rues à l'époque.

"On m'a souvent reproché de ne pas oser faire des choses pour lesquelles j'étais complètement compétente et légitime", explique celle qui était jusqu'ici cheffe de file du groupe LR sur le budget.

Sa légitimité ne souffre désormais d'aucune contestation. Deux tiers des voix du groupe LR l'ont adoubée au poste de rapporteure générale, un vote qui a marqué les esprits, d'autant qu'elle s'opposait à un sénateur issu de la ruralité, paramètre très apprécié à la "chambre des territoires".

"C'est un cerveau de matheuse, une +techno+ qui a su se frotter aux réalités du Sénat, se polir et se façonner. Elle comprend vite, elle écoute, elle travaille", liste son prédécesseur Jean-François Husson. En somme, "un talent" promis à "un avenir politique", dit-il.

"Terreur des ministres"

Bruno Retailleau lui-même la qualifie régulièrement de "terreur des ministres", "bourreau de travail" capable de digérer en vitesse de copieux rapports.

"Son élection est une bonne nouvelle pour le Sénat et pour le pays qui est sur une poudrière budgétaire et financière", assure à l'AFP le candidat LR à la présidentielle, promettant de "l'associer de près à la campagne" présidentielle.

Couvée par Gérard Larcher, Christine Lavarde incarne aussi une aile conservatrice et libérale de la droite, s'opposant par exemple à l'inscription de l'IVG dans la Constitution et luttant, encore adolescente, contre les lois sur les quotas pour la parité femmes-hommes.

C'est d'ailleurs l'élection de Bruno Retailleau à la présidence de LR qui l'a convaincue de reprendre sa carte au parti gaulliste. Elle l'avait brièvement rendue sous le mandat d'Eric Ciotti. Preuve, selon elle, qu'elle ne "se classe pas très, très à droite de LR".

"Libérale, mais pas à l'extrême", Christine Lavarde s'est notamment fait remarquer pour ses travaux sur la rationalisation des agences de l'Etat, sur l'indemnisation des catastrophes naturelles ou encore les budgets de l'Ecologie et de l'Energie.

"Pas du tout féministe", partisane d'une "écologie de la solution et non de la décroissance", la sénatrice s'est fait une place rapidement au Sénat, appréciant le "paternalisme" de ses aînés qui la considéraient pour certains comme "leur petite-fille".

"Rationnelle"

Le maire LR de Boulogne-Billancourt Pierre-Christophe Baguet, son mentor en politique, n'est pas étonné de l'ascension de celle qui l'avait démarché en 2008 avant les municipales, par courrier.

"Elle m'avait impressionné. Elle était brillante, il fallait que je la mette sur ma liste en position éligible. Elle a suivi son chemin avec ses qualités de femme particulièrement équilibrée et saine, ce qui est assez rare en politique", raconte-t-il.

Certains reprochent à cette ingénieure des Ponts, passée par la Cour des Comptes et la Commission de régulation de l'énergie, un côté "froid" ou "technocrate", capable de perdre ses interlocuteurs par la technicité de ses exposés.

"Elle est excessivement rationnelle, c'est sa force et sa faiblesse", glisse Jean-François Husson. "Mais elle s'est aguerrie politiquement", ajoute l'ex-rapporteur général.

Ce côté technique, "je ne vais pas le cacher", assume Christine Lavarde. "Mais j'essaie de me corriger", sourit celle dont le nom est revenu à chaque remaniement ministériel depuis 2024.

Pour ne pas devenir "une maman déconnectée" aux yeux de ses deux filles, la sénatrice tente aussi de concilier vie publique et engagement associatif et local.

Déléguée de parents d'élèves, elle vient en vélo au Sénat et passe ses weekends comme bénévole à l'école de triathlon de sa ville. "Les seuls samedis matin que je vais sécher, c'est pour le budget", s'amuse-t-elle. "Sinon, je n'en rate aucun."

12 commentaires

  • 12:31

    Comme si elle allait avoir une quelconque influence. C'est comme remplacer le capitaine du Titanic après avoir heurté l'iceberg.


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